subscribe: Posts | Comments

Les adieux du Petit Prince à sa rose

0 comments

Il croyait ne jamais devoir revenir. [...] Et quand il arrosa une dernière fois la fleur, et se prépara à la mettre à l’abri sous son globe, il se découvrit l’envie de pleurer.
« Adieu », dit-il à la fleur. Mais elle ne répondit pas.
« Adieu », répéta-t-il. La fleur toussa. Mais ce n’était pas à cause de son rhume.
« J’ai été sotte, lui dit-elle enfin. Je te demande pardon. Tâche d’être heureux. »
Il fut surpris par l’absence de reproches. Il restait là, tout déconcerté, le globe en l’air. Il ne comprenait pas cette douceur calme.
« Mais oui, je t’aime, lui dit la fleur. Tu n’en as rien su, par ma faute. Cela n’a aucune importance. Mais tu as été aussi sot que moi. Tâche d’être heureux… Laisse ce globe tranquille. Je n’en veux plus.
- Mais le vent…
- Je ne suis pas si enrhumée que ça… L’air frais de la nuit me fera du bien. Je suis une fleur.
- Mais les bêtes…
- Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons. Il paraît que c’est tellement beau. Sinon qui me rendra visite ? Tu seras loin, toi. Quant aux grosses bêtes, je ne crains rien. J’ai mes griffes. » Et elle montrait naïvement ses quatre épines. Puis elle ajouta : « Ne traîne pas comme ça, c’est agaçant. Tu as décidé de partir. Va-t’en. »
Car elle ne voulait pas qu’il la vît pleurer. C’était une fleur tellement orgueilleuse…


Amour et Don de soi

0 comments

L’amour est le don du soi du cœur qui n’attend pas de retour, qui n’exige pas de réciprocité, le don qui trouve sa joie dans le seul fait de se donner.
Il est exprimé dans la pensée : « je vous aime, mais cela ne vous regarde pas » : je ne trafique pas des sentiments, je n’attends rien de vous, je n’impose rien.
L’amour se répand comme un fleuve qui suit son cours. « l’amour ne peut prendre naissance que dans un total abandon de soi ».
La fleur qui offre son parfum le fait sans calcul et sans intention, elle ne cherche pas à profiter du regard que l’on pose sur elle, elle rayonne ce qu’elle est, libre à vous de respirer son parfum et de jouir de sa beauté ou de vous en détourner. La rose donne de sa beauté sans raison, comme l’amour donne sans attendre.
Malheureusement, nos relations sont si intéressées, si égocentriques, que nous raisonnons au sujet de l’amour comme nous le faisons avec les valeurs en bourse. Nous « plaçons » de l’affection et nous exigeons que celle-ci « rapporte », nous voulons « profiter » des autres.
Si l’autre se détourne, s’il ne répond pas à notre demande, nous éprouvons de l’amertume, de la jalousie, de la haine.
Notre interprétation de l’amour est si sensuelle et si personnelle qu’elle exclue par avance le don de soi. Et il n’y a pas d’amour sans don de soi.

Serge Carfantan


Petit Prince

1 comment


– Adieu , dit-il …
– Adieu , dit le renard . Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux.
– L’essentiel est invisible pour les yeux , répéta le petit prince , afin de se souvenir.
– C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
– C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose … fit le prince, afin de se souvenir.
– Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…
– Je suis responsable de ma rose … répéta le petit prince afin de se souvenir.


Le soldat rose (l’histoire)

0 comments

Recherché par ses parents dans un grand magasin, Joseph s’est sciemment laissé enfermer pour passer la nuit au rayon des jouets. Il y fait la rencontre dudit soldat (interprété par M), qui n’a jamais trouvé acquéreur. « Les garçons n’aiment pas/Ma couleur de danseuse/Et les filles disent Pouah !/Devant ma mitrailleuse », chante l’attraction maudite. Une amitié va naître entre le militaire mélancolique et l’enfant qui trouve que « le monde des grands est trop petit » (on pense à un autre conte, Michka).

Le finale est consensuel : hymne à l’amour (Love, Love, Love), notamment parental. Mais les personnages sont intelligemment dessinés, à commencer par la « voix de grand magasin » narrant le conte (Catherine Jacob).

Au rayon des jouets, Joseph rencontrera une poupée (Jeanne Cherhal) qui fait valser les étiquettes de ses compagnons et les enlaidit pour que personne ne les achète ; un conducteur plus électrique que son train (Sanseverino, à l’aise sur un accompagnement de jazz manouche) ; le roi et la reine d’un jeu d’échecs (les humoristes Shirley et Dino) ; un puzzle obsédé par l’ordre (Albin de la Simone) ; un chimiste (Bénabar) qui cherche la formule de la « colle à coeur brisé », ou une panthère noire en peluche (Louis Chedid) qui prononce les « u » en « uche ».

En rupture avec cette légèreté, la poupée « Made in Asia » (Vanessa Paradis) fait passer un message tiers-mondiste : « J’ai été cousue par une petite fille/Qui n’a que la rue pour famille/A l’âge où l’on est porcelaine/Elle ne pleure même plus malgré ses doigts qui saignent. » Joseph croisera un gardien de nuit qui a perdu son âme d’enfant (Francis Cabrel) et un homme de ménage (Alain Souchon) qui l’a gardée.

Extrait du Monde


La mer (Charles Trenet – 1945)

0 comments

La mer
Qu’on voit danser le long des golfes clairs
A des reflets d’argent
La mer
Des reflets changeants
Sous la pluie

La mer
Au ciel d’été confond
Ses blancs moutons
Avec les anges si purs
La mer bergère d’azur
Infinie

Voyez
Près des étangs
Ces grands roseaux mouillés
Voyez
Ces oiseaux blancs
Et ces maisons rouillées

La mer
Les a bercés
Le long des golfes clairs
Et d’une chanson d’amour
La mer
A bercé mon cœur pour la vie